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Dokument-Nr. 5027

[Fleischer, Hermann Paul]: Aide-Mémoire, vor dem 10. November 1919

Le traité de paix va soumettre à la souveraineté étrangère de nombreux catholiques de nationalité allemande habitant les territoires que l'Allemagne sera obligée de céder. La plupart de ces catholiques allemands se trouvent dans la partie de la Prusse occidentale et de la Posnanie qui doit être cédée. Si le suffrage en Warmie (Prusse Occidentale à l'Est de la Vistule), dans la Prusse Orientale et dans la Silésie Supérieure aurait pour résultat la cession d'autres territoires à la Pologne, un nombre considérable de catholiques allemands serait également séparé de l'Allemagne et, éventuellement, des diocèses allemands.À l'occasion des négociations germano-polonaises l'Allemagne a l'intention de conclure une convention qui aura pour but la protection des minorités religieuses et le règlement d'autres affaires d'ordre ecclésiastique entre les deux états contractants.Le projet allemand prévoit – entre autre – les dispositions suivantes:
§ 4.
La minorité allemande aura la liberté illimitée de se servir de la langue allemande dans ses relations d'ordre public, privé et commercial, et surtout à l'église, à l'école, dans les associations et dans les assemblés.
§ 48.
Le clergé et les fonctionnaires d'église, actuellement en fonctions, resteront en fonctions et garderont leurs appointements et leurs droits expectatifs.
Le droit d'option leur sera réservé à eux-mêmes, à leurs familles et aux membres de leur ménage-au moins pour trois mois après leur démission.
Ils jouiront au reste des mêmes avantages que les fonctionnaires indirects d'État prussien jusqu'ici en service.
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§. 50.
Le Gouvernement polonais assure qu'il ne s'opposera pas aux institutions de l'église catholique déjà créés ou à créer dans le but de rendre possible l'usage de la langue allemande au culte. Cette disposition s'applique en particulier aux églises succursales à Posen, Gnesen, Bromberg et Thorn qui sont destinées aux Allemands.
L'État polonais se chargera des allocations données jusqu'à présent à ces institutions par les fonds de l'État prussien.
§ 51.
Les dispositions de l'article 48 seront appliquées également au clergé et aux fonctionnaires d'église catholiques.
§ 52.
En outre, les parties contractantes se réservent le droit de soumettre au St. Siège des propositions concernant le règlement d'affaires religieuses dont la modification serait indiquée par les dispositions du traité de paix.
Il est évident que la situation spéciale de l'Eglise catholique à l'égard du droit public est de mesure à rendre difficile le règlement de ladite question entre deux Etats. Toutefois, pour assurer la protection des minorités nationales dans les affaires purement religieuses la coopération judicieuse de la Cour de Rome parait être indispensable. En premier lieu cette protection serait donnée par la nomination de prêtres de sentiments allemands, par la garantie que le culte sera fait en langue allemande et par l'assurance que l'activité des associations religieuses ne sera pas entravée. En outre, les catholiques de nationalité allemande ont exprimé le désir particulier que les intérêts des minorités allemandes seraient représentés dans les chapitres et ordinariats des diocèses polonais par des sections spéciales. Il sera permis de faire remarquer que le fond de cette question n'est guère d'ordre politique mais plutôt de caractère religieux. Car du point de vue catholique, il y a dan-
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ger que l'attachement religieux des catholiques de sentiment strictement allemands ne soit ébranlé si leurs aspirations nationales bien fondées n'étaient prises en considération par l'église.
Le traité de paix a mis en avant une autre question très importante; c'est que les anciennes délimitations des diocèses ne s'accordent plus avec les nouvelles frontières d'état. Par exemple, les catholiques du futur état libre de Dantzig appartiennent au diocèse de Culm, dans la plus grande partie devra être cédée au nouvel État polonais. Donc, l'Evêque même et les membres du chapitre seront dorénavant de nationalité polonaise. La nomination des évêques de Culm se fera à l'avenir sous l'influence prédominante du gouvernement de Varsovie; par conséquent il est indubitable que seul un évêque dont le sentiment polonais est incontesté sera nommé au siège de Culm. Si l'état libre de Dantzig continue à faire partie du diocèse de Culm il faut s'attendre à ce que les prétentions polonaises sur le domaine religieux soient soutenues de la manière la plus efficace du côté de l'évêché de Culm. Le clergé catholique de l'état libre, se rendant parfaitement compte de ce danger, attend avec angoisse le futur développement des choses. La population de l'état libre partageant les craintes susmentionnées, est animé du vif désir que l'état libre partageant les craintes susmentionnées, est animé du vif désir que l'état libre de Dantzig soit détaché du diocèse de Culm et réuni au diocèse de la Warmie. Donc, parmi les catholiques on a ouvert une souscription dans le but de demander au gouvernement allemand de vouloir bien s'interposer à Rome pour obtenir que Dantzig soit détaché du diocèse de Culm et réuni à celui de la Warmie. À la seule exception du doyen Michalski tout le clergé catholique de l'état libre accueille avec la plus vive sympathie ce mouvement populaire. Le clergé – il va sans dire – ne peut se mettre trop en évidence dans cette affaire sans risquer de graves conflits avec leurs supérieurs.
La même question se pose pour la partie du diocèse de
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Posen qui restera allemand. Là aussi on s'attend dans les cercles catholiques à un accroissement de l'influence polonaise; car après la conclusion de la paix, ces territoires, s'ils restent dans le diocèse de Posen-Gnesen, seront gouvernés par l'Ordinariat de Posen. Là aussi les catholiques allemands commencent à collectionner des souscriptions pour prier le gouvernement allemand d'user de son influence auprès du St. Siège afin que la partie allemande du diocèse en soit détachée et réunie au diocèse voisin de Breslau.
En ce qui concerne l'avenir du clergé allemand, avenir très incertain en général, l'importance de cette question s'impose. Si la situation des prêtres allemands n'est pas réglée sans délai par le St. Siège, il est à craindre qu'ils ne soient éloignés de leurs champs d'action pour se trouver remployé dans des positions subordonnées.
Empfohlene Zitierweise:
[Fleischer, Hermann Paul], Aide-Mémoire vom vor dem 10. November 1919 , Anlage, in: 'Kritische Online-Edition der Nuntiaturberichte Eugenio Pacellis (1917-1929)', Dokument Nr. 5027, URL: www.pacelli-edition.de/Dokument/5027. Letzter Zugriff am: 17.02.2020.
Online seit 04.06.2012