Document no. 666

Documents des diplomates, in: Kölnische Zeitung, 19 November 1916
La question de savoir qui, dans cette guerre, a été l'agresseur et qui a été l'attaqué, question posée par lord Grey dans son discours du 23 octobre en tête de son exposé, reviendra nécessairement encore bien des fois sur le tapis, car elle forme la base de toutes les certitudes exigibles. Aussi les « managers » de la propagande anglaise ne se sont-ils pas épuisés sans raison en incessants efforts pour accréditer la légende de la brutale Allemagne et de son agression soudaine contre les Français, les Russes et les Anglais, assaillis tout à fait à l'improviste. Malgré l'énergie déployée pour entretenir cet impudent mensonge, des documents importants tels que les rapports diplomatiques trouvés à Bruxelles, les instructions de 1912 sur la mobilisation russe et d'autres encore, prouvent jusqu'à l'évidence que l'Allemagne n'a pas été l'agresseur. En outre, la condescendance de l'Allemagne et ses concessions poussées à l'extrême ressortent du Livre bleu anglais avec une clarté si frappante qu'il n'est possible actuellement de soutenir la fable de l'agression allemande. Grey a parfaitement raison en insistant sur l'importance qu'il y a à bien établir à qui revient le rôle d'assaillant, car l'assailli est pleinement autorisé de réclamer des garanties contre le retour d'une pareille attaque dans l'avenir. Or, la constatation a été faite depuis longtemps à la confusion de l'Angleterre, de la Russie et de la France, et elle est devenue plus irréfutable encore depuis le discours du chancelier: préparation de la guerre, refus de tous les moyens capables de l'empêcher encore au dernier moment, déchainement prémédité de la plus effroyable catastrophe qui ait jamais frappé l'humanité, ainsi se résume le sinistre bilan à la charge de l'Angleterre, de la France et de la Russie. Lord Grey semble avoir le juste sentiment de l'importance de cette constatation, car tout dernièrement, le « Labour Leader » ayant publié une critique de son discours, le Ministre anglais a fait adresser à ce journal, par son secrétaire, une lettre dans laquelle il essaie une fois de plus de rejeter la faute de la guerre sur l'Allemagne.
On y lit entre autres choses:
« Il est naturellement connu que certains milieux allemands ont répandu pendant de longues années à l'étranger l'histoire de l'existence d'une coalition ennemie occupée à encercler l'Allemagne afin de détruire le commerce allemand, la flotte allemande, et d'arrêter le développement naturel de l'Allemagne. On sait également que les Allemands ont été nourris de la nécessité irrévocable d'une guerre. Pourtant, rien ne justifiait cette affirmation, comme l'histoire des dernières années en fournit la preuve. L'Angleterre et la France travaillaient sans relâche et énergiquement au maintien de la paix. L'opiniâtreté de Bernhardi et d'autres écrivains militaires à revenir sur l'inéluctable nécessité d'une guerre n'avait d'autre motif que leur désir de la voir éclater. La Triple alliance existait déjà longtemps avant l'alliance franco-russe. Cette dernière, purement défensive, ne poursuivait aucun but agressif; la France et la Russie savaient fort bien que l'Angleterre ne les suivrait pas dans une attaque contre l'Allemagne. L'Allemagne se développait rapidement, surtout quant à son essor commercial, et rien ne s'opposait à ses progrès. Son avenir était assuré, personne ne songeait à une agression quelconque. L'année 1914 pouvait voir une paix tout aussi honorable que celle de 1912/13, assurée grâce à l'influence de l'Angleterre dans la conférence européenne."
Lord Grey esquisse ici de nouveau, bien qu'en traits plus rapides, la même image de la politique anglaise qu'il désire encore aujourd'hui faire admettre au monde comme étant la fidèle vérité: l'image d'une politique purement défensive, essentiellement pacifique. Il s'agit d'entretenir toujours chez les peuples la croyance à une Angleterre saturée de pouvoir, ne rêvant rien de plus beau que l'harmonie de l'Europe, employant ses forces militaires et politiques uniquement à la défense contre des agressions, bref à une Angleterre convaincue que la terre est assez grande pour tout le monde, y compris l'Allemagne, à une Angleterre soucieuse avant tout du maintien du statu quo européen, toute prête à reconnaître les droits de l'Allemagne à une existence économique et politique. Telle est la politique anglaise pompeusement étalée aux yeux du monde. Malheureusement, cette même politique anglaise a fourni elle-même les documents historiques nécessaires pour prouver le contraire. Certes le prestige de la vieille hégémonie mondiale britannique est toujours énorme, mais la prétention de n'avoir jamais poursuivi d'idées agressives est devenue insoutenable, quand bien même lord Grey parlerait et écrirait dix fois plus encore. Les documents trouvés par le Gouvernement allemand dans les archives de l'état-major belge à Bruxelles, au mois d'octobre 1914, au sujet des conventions anglo-franco-belges, suffisent déjà à réfuter plus que péremptoirement toutes les protestations anglaises passées, présentes et futures, concernant les intentions pacifiques de la Grande-Bretagne.
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Les préparatifs politiques de guerre caractérisés surtout par le système d'encerclement d'Édouard VII et dont Grey tenait les fils dans sa main, ressortent lumineusement des rapports des représentants diplomatiques de l'Allemagne à l'étranger, rapports publiés en même temps par la « Gazette de l'Allemagne du Nord ». On y trouve mention de l'échange de notes entre Grey et l'ambassadeur de France Cambon pendant l'automne de 1912 au sujet d'une action commune dans le cas d'une attaque menaçante de la part d'une troisième Puissance. L'Angleterre, toujours avec sa bruyante affirmation des mains libres, ne s'était pas moins livrée par là sans merci aux idées françaises de revanche. Le rapporteur, en montrant quel encouragement la politique anglaise prête ainsi au chauvinisme français, insiste sur la catastrophe qui en résultera fatalement un jour, et explique comment les soldats français devront sceller de leur sang sur les champs de bataille de France la politique britannique d'encerclement. Le rapport en question date du mois de mars 1913! De même les rapports de nos représentants diplomatiques jettent une lueur éclatante sur le travail anglo-russe de préparation de la guerre. Un diplomate allemand reçut d'une personne «ayant conservé les vieilles sympathies pour l'Allemagne « des renseignements sur une conférence tenue le 26 mai 1914 chez le chef de l'Amirauté russe, où avaient été établies les bases d'une convention naval anglo-russe. Le répondant du diplomate allemand exprimait « ses très sérieuses inquiétudes au sujet de l'encouragement que recevrait par là le chauvinisme russe. » Une fois certains de la participation de l'Angleterre, les agitateurs panslavistes connus n'hésiteraient pas à saisir la première occasion d'engager les hostilités.
Les documents sur les conventions militaires de l'Angleterre avec la France et la Russie, ainsi que les rapports des diplomates allemands prouvent déjà comment la politique de Grey a soutenu systématiquement les désirs belliqueux des deux dernières Puissances contre l'Allemagne, les a encouragés, pour le principal et plus haut but de la politique anglaise, à savoir l'écrasement de l'Allemagne, même au prix d'une guerre. Mais il existe en outre une collection de documents historiques qui démontrent la culpabilité de l'Angleterre dans la guerre actuelle, le caractère agressif de sa politique et de celle de l'entente, la politique pacifique et libre de toute intention hostile de l'Allemagne. Ces documents fournissent la preuve complète et accablante que la question des responsabilités de la guerre doit être résolue en faveur de l'Allemagne et à la confusion de l'Angleterre. Ce sont les rapports des ministres de Belgique à Berlin, à Londres et à Paris de 1905 à 1914, donc pendant la période décisive de la politique d'encerclement. Ils ont été trouvés, on se le rappelle, dans les Archives du Gouvernement belge, et publiés in extenso, textuellement, par l'office allemand des Affaires étrangères, au nombre de 119. Les sympathies des diplomates belges allaient évidemment plus à la France qu'à l'Allemagne. Leurs jugements impartiaux et objectifs se formaient dans chacune des trois capitales. Ils n'avaient évidemment aucun motif de se montrer favorables à notre endroit au détriment de nos ennemis. Aussi ces rapports, échos fidèles des événements de l'heure présente, constituent-ils le dossier d'accusation le plus écrasant contre la politique de l'Angleterre et celle de ses alliés, en même temps que la plus éclatante justification de la conduite de l'Allemagne. La période de dix années écoulée durant l'envoi de ces rapports fut précisément dominée et caractérisée par la politique qui devait fatalement aboutir à la guerre européenne. Pour répondre à la récente tentative de Grey en vue d'écarter de lui et de ses complices la faute et la responsabilité de l'œuvre accomplie, et d'en laver en même temps l'Angleterre, il n'est pas sans intérêt de reproduire ici quelques-uns des passages les plus importants et les plus significatifs des rapports des ministres de Belgique.
Le 18 février 1905, le baron Greindl, ministre à Berlin, écrit :
«La vraie cause de la haine des Anglais contre l'Allemagne est la jalousie inspirée par le développement extraordinaire de la marine marchande, du commerce et de l'industrie de l'Allemagne."
Le 23 Septembre 1905, le même ministre, après avoir reconnu l'influence pacifique de la Triple alliance pendant trente ans, ajoute:
« La nouvelle Triple entente de la France, de l'Angleterre et de la Russie ne la remplacerait pas. Elle serait au contraire une cause d'inquiétude perpétuelle."
Le 14 octobre 1905:
«L'isolement de l'Allemagne est actuellement le but principal de la politique perpétuelle anglaise."
Le 5 avril 1906:
Il n'y a plus de doute que c'est le roi d'Angleterre qui, en dehors du Gouvernement, avait poussé M. Delcasse à une politique belliqueuse et lui avait fait la promesse d'ailleurs irréalisable de débarquer 100.000 soldats anglais en Holstein. L'invitation adressée par le roi à M. Delcassé lors de son passage à Paris ne peut être interprétée que comme une provocation.
Si quelque doute pouvait régner encore, la singulière démarche faite par le colonel Barnardiston auprès de M. le général Ducarme l'aurait dissipé."
La visite du roi et de la reine d'Angleterre à Paris et le but manifeste de cette visite suggèrent au ministre de Belgique à Paris, A. Leghait, les réflexions suivantes à son Gouvernement, le 10 février 1907:
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" On ne saurait se dissimuler que cette tactique, qui a pour but apparent d'éviter la guerre, risque d'amener un grand mécontentement à Berlin et de provoquer le désir de tout tenter pour sortir de l'étreinte dans laquelle la politique anglaise resserre l'Allemagne. » Et le diplomate belge ajoute cette remarque significative: «On sent si bien qu'on est ici dans une situation délicate et entraîné à un jeu dangereux , que tous les organes officieux ou sérieux de la presse gardent le silence sur cette situation, et qu'aucun d'eux n'ose se réjouir de cette nouvelle démonstration de l'amitié anglaise."
Le ministre de Belgique à Londres, E. de Cartier, au sujet de la diplomatie anglaise, s'exprime ainsi è la date du 28 mars 1907: «La diplomatie anglaise, dont toutes les ressources tendent vers l'isolement de l'Allemagne."
Écoutons le baron Greindl, le 8 avril 1907:
«Ainsi que vous le voyez, Monsieur le Baron, la France prétend, comme avant 1870, à un droit d'intervention dans des affaires qui ne la regardent absolument pas et s'imagine qu'elle possède un droit de véto sur les arrangements conclus entre Puissances indépendantes. Chaque fois que dans le cours de l'histoire, la France s'en est cru la force, elle a tenté de se s'arroger la suprématie sur le monde entier. Maintenant, c'est l'entente cordiale avec l'Angleterre qui lui donne cette confiance.»
Le comte Lalaing, ministre de Belgique à Londres, écrit le 24 mai 1907:
« Il est évident que l'Angleterre officielle poursuit une politique sourdement hostile, qui tend à aboutir à l'isolement de l'Allemagne, et que le roi Edouard n'a pas dédaigné de mettre son influence personnelle au service de cette idée.
De Paris, le ministre de Belgique adresse le 17 juin 1907 un avertissement prophétique:
«La France, pour se prémunir actuellement contre des périls peut-être illusoires ou pour fortifier la situation des dirigeants de la politique intérieure, contracte une dette de reconnaissance qui lui semblera lourde le jour où l'Angleterre dévoilera dans quel but elle veut employer les influences qu'elles a groupées autours d'elle. »
Le 13 février 1909, à propos des assurances pacifiques du roi Édouard, le baron Greindl observe: »La paix du monde n'a jamais été plus compromise que depuis que le roi d'Angleterre se mêle de la consolider.» Nous sommes en 1911, en pleine crise marocaine. Le baron Greindl écrit le 17 juin 1911:
« Je reste persuadé que son principal souci (de l'Allemagne) est d'éviter une guerre que le Maroc ne vaut pas et qu'il dépend de la France d'épargner à l'Europe en mettant dans la conquête du Maroc la dose d'hypocrisie nécessaire pour ne pas ameuter l'opinion publique allemande.
Tout le monde n'est pas de mon avis, quelques-uns de mes collègues s'étonnent de la longanimité de l'Allemagne."
Le baron Guillaume, ministre de Belgique à Paris, rappelle à propos d'Agadir, le 24 juillet 1911, que la Grande-Bretagne n'a jamais permis la moindre prise de possession allemande sur la côté du Maroc. Il cite le discours fameux de Lloyd George, du 22 juillet, dans lequel l'orateur a dit que l'Angleterre ne tolérera pas d'être mise à l'écart du concert européen dans des questions où ses intérêts vitaux sont en jeu. L'affaire était, comme on sait, la suivante:
L'Angleterre et la France, par la convention de 1904, avaient livré politiquement et économiquement le Maroc à la domination française. Les intérêts allemands ainsi touchés furent laissés hors de cause jusqu'au moment où, en 1911, les opérations des Français obligèrent l'Allemagne à faire valoir ses droits et à demander des explications.
L'Allemagne et la France entrèrent alors en pourparlers. Notre but était de régler le différend en laissant politiquement la main libre à la France, et en obtenant pour l'Allemagne une compensation coloniale hors du Maroc. L'entente allait se faire dans ce sens. C'est alors que le Gouvernement anglais intervint par la déclaration ci-dessus de Lloyd Georges. Grey s'était imaginé à lui-même qu'à la suite de son entente avec la France, l'Allemagne recevrait un port au Maroc : Agadir ou Mogador. Il n'en avait jamais été question, comme Grey aurait pu facilement le constater par une simple demande à Pairs. Le point de vue du Gouvernement anglais était celui-ci: ce qui était permis à la France, c'est-à-dire le droit de s'établir au Maroc, ne pouvait pas être permis de longtemps encore à l'Allemagne , et l'Angleterre ne reculerait même pas devant une guerre, s'il subsistait la moindre possibilité de voir l'Allemagne s'installer sur la côte septentrionale d'Afrique.
Le baron Greindl écrit à cette occasion le 6 décembre 1911:
« N'était-ce pas aussi s'arroger un droit de véto sur les entreprises allemandes que de jeter feu et flamme parce qu'un croiseur allemand avait jeté l'ancre dans la rade d'Agadir, tandis que l'Angleterre avait assisté sans sourciller à la conquête progressive du territoire marocain opérée par la France et l'Espagne et à l'anéantissement de l'indépendance du Sultan?» Le 21 février 1913, le ministre de Belgique à Paris stigmatise en termes précis le rôle du Président Poincaré: «Dans les moments troublés où se trouve l'Europe, c'est là le danger que présente la présence de M. Poincaré à l'Élysée. C'est sous son Ministère que se sont réveillés les instincts militaristes – légèrement chauvins – du peuple français. On a vu sa main dans cette modification.»
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La politique de Poincaré, de Delcassé et de Millerand constituait un danger réel pour l'Europe …. et pour la Belgique. Le ministre de Belgique à Paris exprime fermement cette opinion le 16 janvier 1914. Le baron Greindl revient sur cette dernière question le 24 avril 1914:
« Nous avons eu la preuve qu'une coopération de l'armée anglaise et l'envoi d'un corps expéditionnaire sur le continent avaient été envisagés par les autorités militaires des deux pays. En serait-il encore de même aujourd'hui et aurions-nous toujours à redouter l'entrée en Belgique de soldats anglais pour nous aider à défendre notre neutralité, en commençant par la compromettre?»
Pour en finir avec les rapports des Ministres de Belgique, dont les citations pourraient remplir des pages entières, mentionnons encore ce passage d'une lettre du baron Guillaume à son Gouvernement, en date du 8 mai 1914:
« Il est incontestable que la nation française, durant ces derniers mois, est devenue plus chauvine et plus confiante en elle-même. Les mêmes hommes, autorisés et compétents, qui – il y a deux ans – témoignaient des craintes très vives à la mention seule de difficultés possibles entre la France et l'Allemagne, ont changé aujourd'hui le ton; ils se disent certains de la victoire, font grand état des progrès, d'ailleurs très réels, accomplis par l'armée de la République, et se disent assurés de pouvoir tout au moins tenir l'armée allemande en échec pendant une durée de temps assez longue pour permettre à la Russie de mobiliser, de concentrer des troupes et de se jeter sur son voisin de l'Occident.»
Les rapports ci-dessus, écrits par des diplomates non-allemands, impartiaux, constituent la meilleure réponse à lord Grey. Dix années de correspondance diplomatique non-allemande nous montrent le chemin parcouru par la politique anglaise dans la voie qu'Édouard VII lui avait frayée. Toujours, partout et par tous les moyens, elle a contrecarré l'Allemagne là où celle-ci – entrée la dernière dans la politique mondiale- cherchait à se créer une influence politique ou économique. Il s'agissait d'exclure à tout prix l'Allemagne de ses prétentions à jouir d'un pied d'égalité pourtant légitime. Que l'Angleterre, la France et la Russie augmentassent sans cesse leurs sphères d'influence politique et économiques, rien de plus naturel! Les leaders de la politique anglaise n'y voyaient qu'une manifestation de l'ordre divin du monde. Si par là les droits évidents de l'Allemagne se trouvaient lésés, les hommes d'État britanniques fermaient les yeux avec une obstination égale à leur perspicacité surhumaine pour découvrir la moindre apparence d'une atteinte à leur propre système. Avec l'aide de la France et de la Russie, l'Angleterre voulait édifier l'avenir de l'Allemagne, sous condition d'en faire une Allemagne politiquement impuissante, privée de tout droit et de toute influence. Cette politique a accumulé faute sur faute contre l'Allemagne et contre le développement pacifique de l'Europe. Le refus catégorique des concessions offertes par l'Allemagne au sujet de la France, la tolérance sans oppositions devant la mobilisation russe, ont couronné l'œuvre du Gouvernement anglais. Il n'avait qu'à vouloir, et la guerre n'eût pas éclaté!
Recommended quotation
Anlage from 19 November 1916, attachment, in: 'Kritische Online-Edition der Nuntiaturberichte Eugenio Pacellis (1917-1929)', document no. 666, URL: www.pacelli-edition.de/en/Document/666. Last access: 04-04-2025.
Online since 24-03-2010, last modification 25-04-2016.